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Wednesday, March 28, 2012

Setser v. United States



Sentence: when federal sentence runs consecutively to anticipated state sentence: the District Court had discretion to order that Setser’s federal sentence run consecutively to his anticipated state sentence for the probation violation; Judges have traditionally had broad discretion in selecting whether the sentences they impose will run concurrently or consecu­tively with respect to other sentences that they impose, or that have been imposed in other proceedings, including state proceedings, see Oregon v. Ice, 555 U. S. 160, 168–169. The statutory text and struc­ture do not foreclose a district court’s exercise of this discretion with respect to anticipated state sentences. The Sentencing Reform Act of 1984 addresses the concurrent-vs.-consecutive decision, but not the situation here, since the District Court did not impose “multiple terms of imprisonment . . . at the same time,” and Setser was not “al­ready subject to” the state sentences at issue, 18 U. S. C. §3584(a). This does not mean, as Setser and the Government claim, that the District Court lacked authority to act as it did and that the Bureau of Prisons is to make the concurrent-vs.-consecutive decision after the federal sentence has been imposed. Section 3621(b), from which the Bureau claims to derive this authority, says nothing about concur­rent or consecutive sentences. And it is more natural to read §3584(a) as leaving room for the exercise of judicial discretion in sit­uations not covered than it is to read §3621(b) as giving the Bureau what amounts to sentencing authority. Setser’s arguments to the contrary are unpersuasive; deciding which of the District Court’s disposi­tions should prevail under these circumstances is a problem, but it does not show the District Court’s sentence to be unlawful. The rea­sonableness standard for reviewing federal sentences asks whether the district court abused its discretion, see Gall v. United States, 552 U. S. 38, 46, but Setser identifies no flaw in the District Court’s deci­sionmaking process, nor anything available at the time of sentencing that the court failed to consider. Where late-onset facts make it diffi­cult, or even impossible, to implement the sentence, the Bureau of Prisons may determine, in the first instance, how long the District Court’s sentence authorizes it to continue Setser’s confinement, sub­ject to the potential for judicial review (U.S.S.Ct., 28.03.12, Setser v. United States, J. Scalia).

Peine à l’issue de la procédure pénale : cas d’une peine fédérale exécutée consécutivement à une peine anticipée d’un Tribunal pénal étatique : en l’espèce, la Cour juge que la cour de district fédérale peut exercer sa discrétion en ordonnant que la peine fédérale exécutée par S. soit considérée comme consécutive à sa peine étatique anticipée pour violation des conditions de la probation qui lui avait été accordées. Traditionnellement, les Juges disposent d’une large discrétion pour décider si la peine qu’ils imposent est concurrente ou consécutive aux autres peines qu’ils imposent également, ou aux autres peines qui ont été imposées dans d’autres procédures, y compris dans des procédures pénales étatiques. La loi fédérale de 1984 sur la réforme de la procédure de détermination de la peine traite de la question des décisions concurrentes respectivement consécutives, mais ne dit rien s’agissant de la question qui se pose ici, du fait que la cour de district fédérale n’a pas imposé « des termes d’emprisonnement multiples en même temps », et du fait que S. n’était pas « déjà sujet aux » peines étatiques  prévues (18 U.S.C. §3584(a)). Cette situation ne signifie pas que la cour de district fédérale ne disposait pas de la compétence d’agir comme elle l’a fait, et ne signifiait pas qu’il revenait au Bureau des Prisons de rendre une décision sur la question de l’application concurrente ou consécutive après l’imposition de la peine fédérale. La loi sur laquelle se fonde le Bureau pour prétendre à sa compétence est muette s’agissant de la question des peines concurrentes ou consécutives. Et il est plus naturel de lire la loi applicable à cette question comme laissant place à l’exercice de la discrétion judiciaire dans de telles situations non réglées que de lire la loi comme attribuant au Bureau une compétence qui s’analyserait en une compétence de prononcer une peine pénale. Le standard du caractère raisonnable à l’aune duquel sont revues les peines fédérales demande de vérifier si la cour de district fédérale a abusé de sa discrétion, mais en l’espèce S. n’identifie aucun défaut dans la procédure de décision conduite par la cour de district fédérale. Il n’identifie pas non plus quoi que ce soit de disponible à l’époque du prononcé de la peine que la cour aurait omis de considérer. Si des événements subséquents rendent difficile ou impossible l’exécution de la peine, le Bureau des Prisons peut déterminer, en tant que première autorité à se prononcer à ce sujet, pendant combien de temps la peine prononcée par la cour de district fédérale l’autorise à détenir S. La décision du Bureau est sujette à un recours judiciaire.

Thursday, June 16, 2011

Tapia v. U.S.



Sentencing: rehabilitation: 18 U. S. C. §3582(a); Section 3582(a) does not permit a sentencing court to impose or lengthen a prison term in order to foster a defendant’s rehabilitation; Section 3582(a)’s context supports this textual conclusion. By restating §3582(a)’s message to the Sentencing Commission, Congress ensured that all sentencing officials would work in tandem to implement the statutory determination to “reject imprisonment as a means of promoting rehabilitation.” Mistretta, 488 U. S., at 367. Equally illuminating is the absence of any provision authorizing courts to ensure that offenders participate in prison rehabilitation programs. When Congress wanted sentencing courts to take account of rehabilitative needs, it gave them authority to do so. See, e.g., §3563(b)(9).In fact, although a sentencing court can recommend that an offender be placed in a particular facility or program, see §3582(a), the authority to make the placement rests with the Bureau of Prisons, see, e.g., §3621(e); Here, the sentencing transcript suggests that Tapia’s sentence may have been lengthened in light of her rehabilitative needs. A court does not err by discussing the opportunities for rehabilitation within prison or the benefits of specific treatment or training programs. But the record indicates that the District Court may have increased the length of Tapia’s sentence to ensure her completion of RDAP, something a court may not do (16.06.11, Tapia v. U.S., J. Kagan, unanimous).

Jugement pénal et réhabilitation : application de 18 U.S.C. §3582(a) : cette disposition légale ne permet pas au Juge de siège d’imposer une peine de prison ou de prolonger une telle peine déjà prononcée dans le but de favoriser la réhabilitation du condamné. Le contexte de la loi supporte cette analyse, qui ressort déjà du texte même de la loi. Le Congrès fédéral a repris l’idée que tous les employés publics impliqués dans le cadre du prononcé de la peine devaient œuvrer ensemble en vue d’exécuter ce que prévoit la loi, à savoir rejeter l’emprisonnement comme moyen de promouvoir la réhabilitation. Est également relevante l’absence de toute disposition légale autorisant les Tribunaux à s’assurer que les délinquants participent aux programmes de réhabilitation en prison. Lorsque le Congrès entend que les Tribunaux statuant sur la peine prennent en compte les besoins de réhabilitation, il leur donne l’autorité de le faire. De fait, bien qu’un Tribunal se prononçant sur la peine peut recommander qu’un délinquant soit placé dans une institution particulière ou suive un programme particulier, c’est le Bureau des Prisons qui dispose de la compétence d’ordonner le placement. En l’espèce, le dossier indique que la cour de district fédérale a fait davantage que de discuter les opportunités de réhabilitation à l’intérieur de la prison ou que de discuter des bénéfices d’un traitement spécifique ou d’un programme d’entrainement : le dossier indique que la cour de district fédérale aurait également allongé la peine du délinquant pour s’assurer que le programme de réhabilitation prévu serait conduit à son terme. Dite cour n’est pas compétente pour juger ainsi.

Monday, November 15, 2010

Abbott v. U.S.



Sentences: criminal sentences: 18 U. S. C. §924(c): petitioners Abbott and Gould, defendants in unrelated prosecutions, were charged with drug and firearm offenses, including violation of 18 U. S. C. §924(c), which prohibits using, carrying, or possessing a deadly weapon in connection with “any crime of violence or drug trafficking crime,” §924(c)(1). The minimum prison term for a §924(c) offense is five years, §924(c)(1)(A)(i), in addition to “any other term of imprisonment imposed on the offender,” §924(c)(1)(D)(ii); on appeal, Abbott and Gould challenged their §924(c) sentences, resting their objections on the “except” clause prefacing §924(c)(1)(A). That clause provides for imposition of a minimum five year term as a consecutive sentence “except to the extent that a greater minimum sentence is otherwise provided by §924(c) itself or by any other provision of law.”; a defendant is subject to the highest mandatory minimum specified for his conduct in §924(c), unless another provision of law directed to conduct proscribed by §924(c) imposes an even greater mandatory minimum; to determine whether a greater minimum sentence is “otherwise provided . . . by any other provision of law,” the key question is: otherwise provided for what? Most courts have answered: for the conduct §924(c) proscribes, i.e., possessing a firearm in connection with a predicate crime; the Government’s reading—that the “except” clause is triggered only when another provision commands a longer term for conduct violating §924(c)—makes far more sense; (…) to instruct judges not to stack ten years for discharging a gun on top of seven for brandishing the same weapon. In referencing greater minimums provided by “any other provision of law,” the second portion of the clause simply furnishes the same no-stacking instruction for cases in which §924(c) and a different statute both punish conduct offending §924(c) (U.S.S.Ct., 15.11.10, Abbott v. U.S., J. Ginsburg).

Système des peines maximales dans le procès pénal fédéral portant sur des infractions impliquant des actes de violence ou des actes liés au trafic de stupéfiants : application de 18 U.S.C. §924(c) : cette disposition prohibe l’usage, le port, ou la possession d’une arme létale en relation avec un crime violent ou en relation avec un crime comportant trafic de drogue (cf. §924(c)(1)). La durée minimum d’emprisonnement pour une infraction à §924(c) est de 5 ans (cf. §924(c)(1)(A)(i)), cette durée s’ajoutant à une autre durée d’emprisonnement qui aurait par ailleurs été imposée au condamné (cf. §924 (c)(1)(D)(ii)). Dans la présente affaire, appelant de leur condamnation, A. et G. invoquent une application erronée de §924(c) en se basant sur une clause d’exception initiant  §924 (c)(1)(A). Cette clause prévoit l’imposition d’une peine d’emprisonnement de 5 ans au minimum en tant que peine consécutive à une peine de base, sauf si une peine minimum plus longue est prévue soit par la §924 elle-même ou par toute autre disposition légale. Dans une première analyse, on peut déjà poser qu’un prévenu est sujet à la plus haute peine minimum obligatoire prévue pour sa conduite par §924(c), à moins qu’une autre disposition légale régissant une conduite prohibée par §924(c) n’impose une peine minimum plus longue. Ensuite, et là se trouve l’enseignement de cette affaire, pour déterminer si une peine d’emprisonnement plus longue est prévue par une autre disposition légale, la question clé est la suivante : est prévue pour quoi ? La plupart des Tribunaux ont répondu : pour la conduite que §924(c) prohibe, soit la possession d’une arme à feu en relation avec un crime de base. La lecture de cette disposition faite par le Gouvernement a davantage de sens : la clause d’exception ne s’applique que lorsqu’une autre disposition légale prévoit une peine d’emprisonnement plus longue pour une conduite prohibée par §924(c). En se référant à une peine d’emprisonnement minimum plus longue stipulée par une autre disposition légale, la clause instruit simplement de ne pas cumuler les peines s’agissant des affaires dans lesquelles à la fois §924(c) et une autre disposition légale punissent une conduite prohibée par §924(c).