Monday, May 21, 2012

Taniguchi v. Kan Pacific Saipan, LTD.



Interpreters: cost of interpreters and costs of translation: Title 28 U. S. C. §1920, as amended by the Court Interpreters Act, in­cludes “compensation of interpreters” among the costs that may be awarded to prevailing parties in federal-court lawsuits. §1920(6). In this case, the District Court awarded costs to respondent as the pre­vailing party in a civil action instituted by petitioner. The award in­cluded the cost of translating from Japanese to English certain doc­uments that respondent used in preparing its defense. The Ninth Circuit affirmed, concluding that §1920(6) covers the cost of translat­ing documents as well as the cost of translating live speech.
Held: Because the ordinary meaning of “interpreter” is someone who translates orally from one language to another, the category “com­pensation of interpreters” in §1920(6) does not include the cost of document translation; because the term “interpreter” is not defined in the Court In­terpreters Act or in any other relevant statutory provision, it must be given its ordinary meaning; the Oxford English Dictionary, one of the most authoritative (U.S.S.Ct., 21.05.12, Taniguchi v. Kan Pacific Saipan, LTD., J. Alito).

Prise en charge par la partie perdante au procès des frais d’interprète et de traduction ? La loi fédérale prévoit que seuls les frais d’interprète peuvent être mis à charge du perdant. Elle ne dit rien des frais de traduction. Par conséquent, la loi doit être interprétée selon son sens ordinaire, découlant des définitions du dictionnaire. L’interprète est celui qui traduit oralement, au contraire du traducteur. Par conséquent, seuls les frais d’interprète, et non les frais de traducteur, peuvent être mis à la charge de la partie perdante.

Astrue v. Capato



Social Security Act (federal): right of posthumously conceived children: Eighteen months after her husband, Robert Capato, died of cancer, re­spondent Karen Capato gave birth to twins conceived through in vitro fertilization using her husband’s frozen sperm. Karen applied for Social Security survivors benefits for the twins. The Social Secu­rity Administration (SSA) denied her application, and the District Court affirmed. In accord with the SSA’s construction of the Social Security Act (Act), the court determined that the twins would qualify for benefits only if, as 42 U. S. C. §416(h)(2)(A) specifies, they could inherit from the deceased wage earner under state intestacy law. The court then found that Robert was domiciled in Florida at his death, and that under Florida law, posthumously conceived children do not qualify for inheritance through intestate succession. The Third Circuit reversed. It concluded that, under §416(e), which de­fines child to mean, inter alia, “the child or legally adopted child of an insured individual,” the undisputed biological children of an insured and his widow qualify for survivors benefits without regard to state intestacy law.
Held: The SSA’s reading is better attuned to the statute’s text and its design to benefit primarily those supported by the deceased wage earner in his or her lifetime. Moreover, even if the SSA’s longstand­ing interpretation is not the only reasonable one, it is at least a per­missible construction entitled to deference under Chevron U. S. A. Inc. v. Natural Resources Defense Council, Inc., 467 U. S. 837; Reg­ulations promulgated by the SSA closely track §§416(h)(2) and (3) in defining “who is the insured’s natural child,” 20 CFR §404.355. As the SSA reads the statute, 42 U. S. C. §416(h) governs the meaning of “child” in §416(e)(1) and serves as a gateway through which all appli­cants for insurance benefits as a “child” must pass; because a child who may take from a father’s estate is more likely to “be dependent during the parent’s life and at his death,” Mathews v. Lucas, 427 U. S. 495, 514, reliance on state intestacy law to deter­mine who is a “child” serves the Act’s driving objective, which is to “provide . . . dependent members of a wage earner’s family with pro­tection against the hardship occasioned by the loss of the insured’s earnings,” Califano v. Jobst, 434 U. S. 47, 52; respondent charges that the SSA’s construction of the Act raises serious constitutional concerns under the equal protection component of the Due Process Clause. But under rational-basis re­view, the appropriate standard here, the regime passed by Congress easily passes inspection (U.S.S.Ct., 21.05.12, Astrue v. Capato, J. Ginsburg, unanimous).

Loi fédérale sur la sécurité sociale : droits des enfants conçus après le décès de leur père : dans cette affaire, 18 mois après le décès de son mari C., Madame C. donna naissance à des jumeaux conçus par le moyen de la fertilisation in vitro, en utilisant le sperme congelé du mari. La veuve et mère déposa une requête de rente d’orphelins en faveur des enfants auprès de la Sécurité sociale, laquelle requête fut rejetée. La cour de district fédérale confirma ce rejet. Dite cour reprit le raisonnement de l’administration, selon lequel la législation sur la sécurité sociale, plus spécifiquement 42 U.S.C. §416(h)(2)(A), prévoit que les jumeaux auraient pu percevoir une rente d’orphelins s’ils avaient eu la qualité d’héritiers légaux du vivant du parent qui aurait assuré leur entretien de son vivant. Pour déterminer si les enfants auraient la qualité d’héritiers légaux (ab intestat) du parent décédé, on applique le droit successoral de l’état de domicile du parent décédé, ici le droit de l’état de Floride, lequel droit ne prévoit pas, pour un enfant né dans les circonstances de l’espèce, l’attribution de la qualité d’héritier légal. Saisi d’un recours, le Troisième Circuit fédéral renversa le jugement de la cour de district fédérale, considérant que selon la §416(e), la notion d’enfant bénéficiaire doit être comprise comme l’enfant naturel ou adopté d’une personne assurée. Il n’est pas contesté que les jumeaux sont les enfants naturels d’une personne assurée (soit le père décédé), de sorte qu’ils sont fondés, comme leur mère, à percevoir les prestations de la Sécurité sociale fédérale pour veuve et orphelins, cela sans avoir à considérer les règles successorales de l’état de domicile régissant les cas de succession sans testament. Saisie à son tour, la Cour Suprême fédérale est d’un autre avis, et se range à l’interprétation faite par l’administration de la Sécurité sociale, à laquelle elle accorde la déférence due au sens de la jurisprudence Chevron. La Cour précise que le raisonnement tenu par l’administration correspond mieux au texte légal, qui vise à accorder les rentes précitées à ceux qui étaient, du vivant de la personne décédée,  financièrement à sa charge. Par ailleurs, la Cour indique encore que même si l’interprétation de longue date de l’administration n’est pas la seule interprétation raisonnable possible, elle constitue à tout le moins une interprétation admissible méritant déférence selon dite jurisprudence Chevron. Ainsi, la réglementation administrative édictée par la Sécurité sociale en application du droit fédéral est conforme à celui-ci. Parce qu’un enfant susceptible d’hériter de son père peut avec vraisemblance être qualifié de dépendant de son père alors que celui-ci est encore en vie, il est conforme au but de la loi fédérale sur la sécurité sociale de se référer au droit successoral étatique réglant les situations ab intestat pour déterminer quelles personnes sont considérées comme enfant de la personne décédé au sens du droit fédéral sur la Sécurité sociale. Ledit but est d’octroyer une protection aux membres de la famille de la personne décédée qui dépendaient financièrement de lui de son vivant. La veuve soutient en outre que l’interprétation faite par l’administration et le droit fédéral à sa base posent de sérieuses questions constitutionnelles sous l’angle du principe d’égalité devant la loi, principe découlant lui-même du droit à un procès équitable. Mais la Cour juge que les cas tels celui de la présente espèce sont revus selon le critère de rationalité (rational-basis review), et sous cet angle, le droit édicté par le Congrès en la matière est conforme à la Constitution fédérale.

Monday, May 14, 2012

Hall v. United States



Tax: income taxes incurred by the estate? The federal income tax liability resulting from petitioners’ post­petition farm sale is not “incurred by the estate” under §503(b) of the Bankruptcy Code and thus is neither collectible nor dischargeable in the Chapter 12 plan; the phrase “incurred by the estate” bears a plain and natural reading. A tax “incurred by the estate” is a tax for which the estate itself is liable. Only certain estates are liable for federal income tax­es. IRC §§1398 and 1399 define the division of responsibilities for the payment of taxes between the estate and the debtor on a chapter-by­ chapter basis. Under those provisions, a Chapter 12 estate is not a separately taxable entity. The debtor—not the trustee—is generally liable for taxes and files the only tax return. The postpetition income taxes are thus not “incurred by the estate.” Section 346 of the Bankruptcy Code and its longstanding inter­play with IRC §§1398 and 1399 reinforce that whether an estate “in­curs” taxes turns on Congress’ chapter-specific guidance on which es­tates are separately taxable. The original §346 established that state or local income taxes could be imposed only on the estate in an indi­vidual-debtor Chapter 7 or 11 bankruptcy, and only on the debtor in a Chapter 13 bankruptcy. Congress applied the framework of §346 to federal taxes two years later: IRC §1398 and 1399 established that the estate is separately taxable in individual-debtor Chapter 7 or 11 cases, and not separately taxable in Chapter 13 (and now Chapter 12) cases. The Bankruptcy Abuse Prevention and Consumer Protec­tion Act of 2005 subsequently amended §346, expressly aligning its assignment of state or local taxes with the IRC separate taxable enti­ty rules for federal taxes. This Court assumes that Congress is aware of existing law when it passes legislation, and the existing law at the enactment of §1222(a)(2)(A) indicated that an estate’s liability for taxes turned on separate taxable entity rules (U.S.S.Ct., 14.05.12, Hall v. United States, J. Sotomayor).

La question que pose cette affaire est de savoir qui, en cas de procédure de faillite, est responsable du paiement de l’impôt sur le revenu : le débiteur lui-même, ou la masse en faillite (par son trustee) ? La Cour Suprême fédérale juge en l’espèce que la Section 503(b) du Code fédéral des faillites n’attribue pas la responsabilité du paiement de l’impôt fédéral sur le revenu, dû postérieurement à la requête de faillite, à la masse en faillite. Le débiteur reste l’entité qui requiert sa faillite. Par conséquent, cet impôt ne saurait être perçu ni effacé dans le cadre d’un plan selon le Chapitre 12 du Code fédéral des faillites. La Cour poursuit son raisonnement en spécifiant que les termes « dû par la masse en faillite » doivent être compris dans leur sens naturel. Un impôt dû par la masse est un impôt pour lequel la masse elle-même est responsable. Seules certaines masses sont responsables du paiement de l’impôt fédéral sur le revenu. Le Code fédéral des impôts, dans ses Sections 1398 et 1399 définit chapitre par chapitre la division de responsabilités pour le paiement des impôts entre la masse et le débiteur. Selon ces dispositions, une masse en faillite selon le Chapitre 12 n’est pas une entité séparément taxable. Le débiteur lui-même, et non le trustee de la masse, est de manière générale responsable du paiement des impôts et dépose la seule déclaration d’impôts. L’impôt sur le revenu postérieur à une requête de faillite n’est ainsi pas dû par la masse en faillite (il s’agissait en l’espèce de la taxation du produit de la vente d’une ferme). La Section 346 du Code fédéral des faillites et sa relation de longue date avec les Sections 1398 et 1399 du Code fiscal fédéral renforcent la notion selon laquelle savoir si une masse en faillite est séparément débitrice de l’impôt dépend de l’intention du Congrès telle qu’elle se manifeste Chapitre par Chapitre. La Section 346 dans sa version originale disposait que l’impôt sur le revenu dû à l’état ou à une entité locale ne pouvait être imposé à la masse que dans le cadre d’une faillite individuelle au sens du Chapitre 7 ou du Chapitre 11, et ne pouvait être imposé qu’au débiteur dans le cadre d’une faillite selon le Chapitre 13. Le Congrès a repris ce cadre découlant de la Section 346 et l’a appliqué aux impôts fédéraux deux ans plus tard. Les Sections 1398 et 1399 du Code fédéral des impôts établissent que la masse est imposable séparément dans le cadre d’une faillite individuelle au sens des Chapitres 7 et 11, tandis que la masse ne peut pas être imposée séparément dans le cadre des Chapitres 13 et maintenant 12. La loi fédérale de 2005 sur la prévention des abus en matière de faillite et sur la protection des consommateurs a subséquemment amendé la Section 346, en alignant expressément les règles d’imposition fédérale avec les règles étatique ou locale s’agissant des entités imposables séparément.

Hall v. United States



Interpretation:  the Court has cautioned against allowing ambiguous legislative history to muddy clear statutory language. See Milner v. Department of Navy, 562 U. S. ___, ___(U.S.S.Ct., 14.05.12, Hall v. United States, J. Sotomayor).

Interprétation : la Cour n’est pas favorable à l’usage de travaux préparatoires ambigus dont le résultat revient à troubler le langage clair d’une loi.

Thursday, May 3, 2012

P. v. Thomas, S185305



Venue (in California): in general, the proper venue in which to prosecute a criminal offense is the superior court of the county in which the crime was committed.  (Pen. Code, § 777.)  Penal Code section 781 provides that when a crime is committed “in part” in more than one county, or when “the acts or effects” constituting the crime or requisite to its commission occur in more than one county, the offense may be prosecuted in the superior court of any of those counties.  (People v. Posey (2004) 32 Cal.4th 193, 199); defendant conceded that the Madera County Superior Court had subject matter jurisdiction over the charges, but disputed whether Madera County was a proper venue; in general, the proper venue for the prosecution of a criminal offense is in the superior court of the county where the crime was committed.  (Pen. Code, § 777 [“Except as otherwise provided by law the jurisdiction of every public offense is in any competent court within the jurisdictional territory of which it is committed”].)  Penal Code section 691, subdivision (b) defines the “jurisdictional territory” of a superior court as “the county in which the court sits.”  The terms “venue” and “territorial jurisdiction” are synonymous, and a criminal offense generally should be prosecuted in the county in which the crime was committed.  (People v. Simon (2001) 25 Cal.4th 1082, 1095-1096); venue is a question of law that is governed by statute.  (People v. Posey, supra, 32 Cal.4th at pp. 201, 209.)  “Venue does not implicate the trial court’s fundamental jurisdiction in the sense of personal jurisdiction, which is the authority of the court to proceed against a particular defendant in a criminal action.  Neither does venue implicate the trial court’s fundamental jurisdiction in the sense of subject matter jurisdiction, which is the authority of the court to consider and decide the criminal action itself.”  (Id. at p. 208.)  “ ‘If the crime is one over which California can and does exercise its legislative jurisdiction because it was committed in whole or in part within the state’s territorial borders, California courts have jurisdiction to try the defendant.  Moreover, if the charge is brought in a competent court . . . , that court, no matter where located in the state, may have subject matter jurisdiction of the offense ’ ”  (People v. Simon, supra, 25 Cal.4th at p. 1096.)  “Venue or territorial jurisdiction establishes the proper place for trial, but . . . does not affect the power of a court to try a case.”  (Price v. Superior Court (2001) 25 Cal.4th 1046, 1055.)
As past decisions recognize, venue provisions applicable to criminal proceedings serve a variety of purposes.  First, venue in the place where the crime was committed promotes the convenience of both parties in obtaining evidence and securing the presence of witnesses. Second, from the perspective of a defendant, statutory enactments that provide for trial in a county that bears a reasonable relationship to an alleged criminal offense also operate as a restriction on the discretion of the prosecution to file charges in any locale within the state that it chooses, an option that, if available, would provide the prosecution with the considerable power to choose a setting that, for whatever reason, the prosecution views as favorable to its position or hostile or burdensome to the defendant’s.  As one leading criminal treatise explains:  ‘The principal justification today for the venue requirement of trial in the vicinity of the crime is to “safeguard against the unfairness and hardship involved when an accused is prosecuted in a remote place.” ’    Finally, venue provisions also serve to protect the interests of the community in which a crime or related activity occurs, ‘vindicating the community’s right to sit in judgment on crimes committed within its territory.’ (People v. Simon, supra, 25 Cal.4th at p. 1095.)
There are statutory exceptions to the general rule that a crime should be prosecuted in the county where it is committed.  (People v. Simon, supra, 25 Cal.4th at p. 1094, fn. 6.)  One exception is section 781, which states:  “when a public offense is committed in part in one jurisdictional territory and in part in another, or the acts or effects thereof constituting or requisite to the consummation of the offense occur in two or more jurisdictional territories, the jurisdiction of such offense is in any competent court within either jurisdictional territory”; 30 A.L.R.2d 1265, 1268 “The controlling purpose of the statute is the abrogation of the rule of the common law that when an offense was constituted by a series of acts, a part of which were done in one county and a part in another, there could be no prosecution in either, unless so much was done in the one as would constitute a complete offense”.
Section 781 is remedial and, thus, we construe the statute liberally to achieve its purpose of expanding criminal jurisdiction beyond rigid common law limits.  We therefore interpret section 781 in a commonsense manner with proper regard for the facts and circumstances of the case rather than technical niceties  (People v. Gutierrez (2002) 28 Cal.4th 1083, 1118.)  The prosecution has the burden of proving the facts supporting venue by a preponderance of the evidence, and “on review, a trial court’s determination of territorial jurisdiction will be upheld as long as there is ‘some evidence’ to support its holding.”  (Id. at p. 1117.); several decisions interpreting section 781 have found proper venue in a county where “only preparatory acts have occurred” and where those preparatory acts were not themselves elements of the offense.  (People v. Simon, supra, 25 Cal.4th at p. 1109.); [venue proper in Los Angeles County because defendant kidnapped the victims there before taking them to Kern County where he murdered one of them].)
In addition to preparatory acts, we have also held that venue can be based on the effects of preparatory acts (what we have called “preparatory effects”).  In People v. Posey, supra, 32 Cal.4th 193, a Marin County Sheriff’s detective paged the defendant in San Francisco to arrange a drug purchase.  The defendant telephoned the detective, who falsely said he was in Sonoma County when he actually was in Marin County.  The defendant agreed to sell the detective cocaine base and later completed the sale in San Francisco.  Some days later, the detective again paged the defendant, who telephoned the detective in Marin and agreed to another drug transaction in San Francisco.  We held that the defendant could be prosecuted in Marin County for the drug sales that took place in San Francisco, reasoning that just as committing “preparatory acts” in the charging county is sufficient to establish venue under section 781, “by the same token, the words ‘effects . . . requisite to the consummation’ of a crime establishing venue in a county should be liberally construed to embrace preparatory effects, such as the placement of a telephone call into a county leading to a crime” in another county.  (People v. Posey, supra, at p. 219.)
Other cases have held that a defendant who commits a crime in one county with effects in another county that are “requisite to . . . the achievement of the defendant’s unlawful purpose” may be tried in the latter county under section 781, even though the effects were not elements of the offense.  (People v. Megladdery (1940) 40 Cal.App.2d 748, 775 (Megladdery); in Megladdery, an attorney acting as an agent of the defendant repeated the solicitation of the bribe in Alameda County.  This fact, the court held, was sufficient to support the conclusion that “acts requisite to the achievement or end of the unlawful purpose occurred in Alameda County,” thereby establishing venue in Alameda County under section 781.  (Megladdery, at p. 780.)
The court in Megladdery relied upon People v. Graves (1934) 137 Cal.App.1, in which the court held that the defendant, a member of the Los Angeles County Board of Supervisors, could be prosecuted in Los Angeles for receiving a bribe in San Francisco to influence his vote on a flood control issue.  The Megladdery court observed that “the dishonest vote was not an essential part of the crimes charged, and the crime was complete before the vote was given, but, nevertheless, it was held, and properly so, that Los Angeles had jurisdiction — the vote was a legal effect of the corrupt agreement, and that gave Los Angeles jurisdiction.”  (Megladdery, supra, 40 Cal.App.2d at p. 775.); permitting this case to be tried in Madera County satisfies the purposes of the venue requirement.  It “ ‘promotes the convenience of both parties in obtaining evidence and securing the presence of witnesses.’”  (People v. Simon, supra, 25 Cal.4th 1082, 1095); there was no danger that defendant would be “ ‘ “prosecuted in a remote place.” ’”  (Ibid.)  And trial in Madera protected “the interests of the community in which a crime or related activity occurs.”  (Ibid.)  The interests of the citizens in Madera County in punishing defendant for possessing cocaine to be sold in their community and for possessing a firearm to facilitate those drug sales are at least as strong as the interests of the citizens in Fresno County in punishing defendant for storing drugs and a firearm in their midst; section 781 is remedial and is thus construed liberally.  (People v. Posey, supra, 32 Cal.4th at p. 218; People v. Gutierrez, supra, 28 Cal.4th at p. 1118.)  (Cal. S. Ct., 03.05.12, P. v. Thomas, S185305).

Notion de « venue » en droit pénal californien : quel est le Tribunal localement compétent lorsqu’est donnée la compétence personnelle et matérielle du Tribunal pénal de l’état ? Autrement dit, quel Tribunal de comté est compétent ? De manière générale, la « venue » appropriée pour la poursuite et le jugement d’une infraction pénale est la cour supérieure du comté dans lequel l’infraction a été commise (cf. Code pénal de Californie, §777). La Section 781 du Code pénal dispose que lorsqu’un crime est commis en partie dans plus d’un comté, ou lorsque les actes ou les effets constituants le crime ou nécessaires à sa commission se produisent dans plus d’un comté, l’infraction peut-être poursuivie et jugée devant la cour supérieure de chacun de ces comtés. En l’espèce, le prévenu admet que la cour supérieure du comté de Madera a juridiction matérielle s’agissant des infractions en cause, mais conteste que le comté de Madera soit une « venue » adéquate. En général donc, la « venue » adéquate pour la poursuite d’une infraction pénale est la cour supérieure du comté où l’infraction a été commise. Le Code pénal définit la compétence territoriale de la cour supérieure : la cour est compétente pour le comté dans lequel elle siège. Dans le Code, les termes « venue » et « territorial jurisdiction » sont synonymes. La détermination de la « venue » appropriée est une question de droit régie par la législation au sens formel. La notion de « venue » est indépendante de la question de la compétence fondamentale de la cour sur la personne (personal jurisdiction), laquelle est l’autorité de la cour de poursuivre un prévenu déterminé. La notion de « venue » est également indépendante de la question de la compétence fondamentale de la cour au sens de sa compétence matérielle (subject matter jurisdiction), laquelle est l’autorité de la cour de juger l’infraction au fond si celle-ci a été commise en Californie. La notion de « venue » se limite à déterminer le lieu où le procès pénal de première instance aura lieu, sans affecter la compétence du Tribunal de se saisir d’un cas. Comme l’a établi la jurisprudence, les dispositions applicables à la « venue » en procédure pénale servent différents objectifs. Tout d’abord, « venue » au lieu où l’infraction a été commise est pratique pour les deux parties en ce sens qu’est facilitée l’obtention des preuves et la présence des témoins aux audiences. Ensuite, du point de vue du prévenu, une loi qui prévoit la tenue du procès pénal dans un comté raisonnablement lié à l’infraction alléguée restreint ce qui serait autrement la discrétion de l’accusation de poursuivre l’affaire devant n’importe quel Tribunal de l’état, option qui, si elle était disponible, permettrait au Procureur de choisir un lieu qu’il considère comme favorable à sa position ou comme hostile à la position du prévenu, ou impliquant des difficultés pour ledit prévenu d’assurer sa défense. Actuellement, la principale justification des exigences résultant de la notion de « venue », (l’exigence de proximité du lieu du procès avec le lieu de commission de l’infraction), est de prévenir l’iniquité et le fardeau qui résulterait de la poursuite pénale en un lieu éloigné du lieu de l’infraction. Enfin, la législation sur la « venue » sert à protéger les intérêts de la communauté dans laquelle l’infraction ou une activité liée à l’infraction s’est produite, de manière à ne pas priver dite communauté du droit de siéger dans une cour de justice jugeant les infractions commises dans les limites de son territoire. Il existe cependant des exceptions légales à la règle générale selon laquelle une infraction doit être poursuivie et jugée dans le comté où elle a été commise. L’une de ces exceptions est prévue à la Section 781, qui dispose que lorsqu’une infraction a été commise en partie dans un territoire juridictionnel et en partie dans un autre, ou que les actes ou les effets constitutifs de l’infraction ou préparant sa commission se sont produits dans deux ou plusieurs territoires juridictionnels, la compétence de juger de telles infractions est donnée à toute cour compétente à l’intérieur de chacun de ces territoires juridictionnels. Le but de la Section 781 est l’abrogation de la règle de la Common law qui disposait que lorsqu’une infraction était consommée par une série d’actes, une partie desquels s’étant produits dans un comté et une partie dans un autre comté, aucune poursuite pénale n’était possible, ni dans l’un ni dans l’autre de ces comtés, à moins que les actes commis dans l’un des comtés suffisent à constituer une infraction. La Section 781 a nature de remède, de sorte que la Cour Suprême de Californie l’interprète de manière libérale pour réaliser le but d’étendre la compétence juridictionnelle pénale au-delà des limites rigides de la Common law. C’est pourquoi la Cour interprète la Section 781 d’une manière conforme au sens commun, en considérant les faits et les circonstances du cas plutôt que des considérations techniques difficiles à appréhender. L’accusation supporte le fardeau de prouver les faits qui satisfont aux critères de « venue ». Le test est celui de la prépondérance des preuves. En cas de recours à ce niveau, les déterminations de la cour de première instance portant sur la juridiction territoriale seront confirmées aussi longtemps qu’existent « certaines preuves » à l’appui de la décision de première instance. Plusieurs décisions interprétant la Section 781 ont jugé comme adéquate la « venue » dans un comté où seuls des actes préparatoires s’étaient produits, et où ces actes préparatoires n’étaient pas en eux-mêmes des éléments de l’infraction (par exemple dans un cas la « venue » dans le comté de Los Angeles était adéquate parce que le prévenu avait kidnappé ses victimes dans ce comté avant de les conduire dans le comté de Kern, où il tua l’une d’elles). Par ailleurs, la Cour Suprême de Californie a jugé qu’une « venue » adéquate pouvait être basée sur les effets des actes préparatoires (appelés les effets préparatoires). Dans la décision People v. Posey, un officier des forces de l’ordre de Marin County avait arrangé un rendez-vous à San Francisco avec le prévenu pour acheter de la drogue. Le prévenu téléphona à l’officier, qui répondit volontairement de manière erronée, indiquant qu’il se trouvait dans le comté de Sonoma alors qu’il se trouvait dans le comté de Marin. Le prévenu accepta de vendre à l’officier de la cocaïne base, et la vente eu lieu plus tard à San Francisco. Quelques jours plus tard, l’officier contacta à nouveau le prévenu, qui téléphona à l’officier, lequel se trouvait dans le comté de Marin, et il accepta de conclure une nouvelle vente de drogue à San Francisco. La Cour jugea que le prévenu pouvait être poursuivi et jugé dans le comté de Marin pour les ventes de drogue effectuées à San Francisco, exposant que la commission des actes préparatoires dans le comté de la poursuite pénale suffisait à établir « venue » sous l’angle de la section 781. Dans d’autres cas, des cours ont jugé que le prévenu qui commet une infraction dans un comté avec des effets dans un autre comté, qui complètent le but illicite poursuivi par le prévenu, peut être jugé dans ce dernier comté selon la Section 781, même si les effets ne sont pas des éléments constitutifs de l’infraction. Dans la décision Megladdery, datant de 1940, une cour d’appel jugea qu’un avocat, agissant comme agent du prévenu, répéta un acte de tentative de corruption dans le comté d’Alameda. La cour d’appel continua son raisonnement en exposant que ce fait était suffisant pour supporter la conclusion que les actes liés à la consommation du but contraire à la loi s’étaient produits dans le comté d’Alameda, établissant ainsi « venue » dans ledit  comté d’Alameda selon la section 781. Pour rendre sa décision dans l’affaire Megladdery, la cour d’appel s’était inspirée d’une autre affaire jugée par une autre cour d’appel en 1934 qui avait disposé que le prévenu, membre du Board of Supervisors du comté de Los Angeles, pouvait être poursuivi à Los Angeles pour avoir reçu à San Francisco un avantage provenant d’un acte de corruption en vue d’influencer son vote sur une question de contrôle des inondations. La cour Megladerry observa que ce vote malhonnête ne constituait pas une part essentielle de l’infraction poursuivie, et que l’infraction était consommée avant le vote. Nonobstant, la cour précisa que le Tribunal de première instance de Los Angeles était compétent, le vote constituant un effet juridique de l’accord de corruption, ce qui confère compétence à dite cour de Los Angeles. La Cour Suprême rappelle encore une fois que le but des conditions pour admettre une « venue » est de rendre pratique, pour les deux parties, l’obtention des moyens de preuve, d’assurer la présence des témoins, d’éviter que le prévenu ne soit poursuivi en un for éloigné, et de protéger les intérêts de la communauté dans laquelle une infraction ou des activités liées à l’infraction se sont produits. Par exemple, les intérêts des citoyens du comté de Madera à la punition du prévenu pour possession de cocaïne en vue de sa vente dans leur communauté et pour possession d’une arme à feu en vue de faciliter ces ventes de drogue sont au moins aussi forts que les intérêts des citoyens du comté de Fresno à la punition du prévenu pour possession de drogue et d’une arme à feu dans leur communauté. La Section 781 revêt nature de remède, et est ainsi interprétée de manière libérale.