Monday, June 16, 2014

Republic of Argentina v. NML Capital, Ltd., Docket 12-842



Immunity: of a foreign state, postjudgment immunity, discovery: after petitioner, Republic of Argentina, defaulted on its external debt, respondent, NML Capital, Ltd. (NML), one of Argentina’s bondhold­ers, prevailed in 11 debt-collection actions that it brought against Ar­gentina in the Southern District of New York. In aid of executing the judgments, NML sought discovery of Argentina’s property, serving subpoenas on two nonparty banks for records relating to Argentina’s global financial transactions.
Held: No provision in the FSIA (Foreign Sovereign Immunities Act of 1976)  immunizes a foreign-sovereign judg­ment debtor from postjudgment discovery of information concerning its extraterritorial assets.
This Court assumes without deciding that, in the ordinary case, a district court would have the discretion under Federal Rule of Civil Procedure 69(a)(2) to permit discovery of third-party information bearing on a judgment debtor’s extraterritorial assets.
The FSIA replaced an executive-driven, factor-intensive, loosely common-law-based immunity regime with “a comprehensive frame­work for resolving any claim of sovereign immunity.” Republic of Austria v. Altmann, 541 U. S. 677, 699. Henceforth, any sort of im­munity defense made by a foreign sovereign in an American court must stand or fall on the Act’s text. The Act confers on foreign states two kinds of immunity. The first, jurisdictional immunity (28 U. S. C. §1604), was waived here. The second, execution immunity, generally shields “property in the United States of a foreign state” from attachment, arrest, and execution. §§1609, 1610. See also §1611(a), (b)(1), (b)(2). The Act has no third provision forbidding or limiting discovery in aid of execution of a foreign-sovereign judgment debtor’s assets. Far from containing the “plain statement” necessary to preclude application of federal discovery rules, Société Nationale Industrielle Aérospatiale v. United States Dist. Court for Southern Dist. of Iowa, 482 U. S. 522, 539, the Act says not a word about postjudgment discovery in aid of execution.
Argentina’s arguments are unavailing. Even if Argentina were correct that §1609 execution immunity implies coextensive discovery ­in-aid-of-execution immunity, the latter would not shield from dis­covery a foreign sovereign’s extraterritorial assets, since the text of §1609 immunizes only foreign-state property “in the United States.” The prospect that NML’s general request for information about Ar­gentina’s worldwide assets may turn up information about property that Argentina regards as immune does not mean that NML cannot pursue discovery of it (U.S.S.Ct., 16.06.2014, Republic of Argentina v. NML Capital, Ltd., Docket 12-842, J. Scalia).

Immunité d’un état étranger, de manière générale et après jugement condamnatoire en particulier, au stade de l’exécution forcée du jugement : un détenteur de bons du trésor d’un état étranger obtient gain de cause au fond devant un Tribunal fédéral de district de l’état de New York. Comme aide à l’exécution des jugements, le créancier dépose une requête en discovery portant sur les biens de l’état défaillant, en faisant délivrer des ordres de production, à des banques tierces, de dossiers liés aux transactions financières globales de l’état étranger.
La Cour juge qu’aucune disposition de la loi fédérale de 1976 sur l’immunité des états étrangers ne prohibe un créancier qui a obtenu gain de cause au fond de déposer une requête en discovery, portant sur des biens situés hors du territoire des Etats-Unis, dans le cadre de l’exécution du jugement condamnatoire rendu en défaveur de l’état étranger.
La Cour assume, sans toutefois en juger, que dans un cas ordinaire, une cour de district fédérale peut autoriser, de manière discrétionnaire, en application de la Règle 69(a)(2) de procédure civile fédérale, en exécution d’un jugement, la discovery d’informations en mains de tiers portant sur les biens du débiteur, biens situés hors du territoire des Etats-Unis.
La loi de 1976 précitée constitue un cadre compréhensif et exhaustif pour résoudre toutes les défenses basées sur l’invocation de l’immunité. Il se substitue à la Common law antérieure régissant cette matière. La loi confère aux états étrangers deux types d’immunité. En l’espèce, l’état étranger a renoncé à se prévaloir de la première, l’immunité de juridiction. La seconde, l’immunité d’exécution, protège de toutes formes de saisie la propriété de l’état étranger sur sol des Etats-Unis. La loi ne contient pas de troisième disposition interdisant ou limitant la discovery portant sur des biens et intervenant dans l’exécution d’un jugement perdu par un état étranger.

Thursday, June 12, 2014

POM Wonderful LLC v. Coca Cola Co., Docket 12-761



Intellectual property and unfair competition: concurrent application of the Lanham Act and another federal statute:  labeling: food and drug: neither the Lanham Act (15 U. S. C. §1125) nor the FDCA (the Federal Food, Drug, and Cosmetic Act (FDCA) prohibits the mis­branding of food and drink, 21 U. S. C. §§321(f), 331), in express terms, for­bids or limits Lanham Act claims challenging labels that are regulat­ed by the FDCA. The absence of such a textual provision when the Lanham Act and the FDCA have coexisted for over 70 years is “pow­erful evidence that Congress did not intend FDA oversight to be the exclusive means” of ensuring proper food and beverage labeling. See Wyeth, supra, at 575 .
In addition, and contrary to Coca-Cola’s argu­ment, Congress, by taking care to pre-empt only some state laws, if anything indicated it did not intend the FDCA to preclude require­ments arising from other sources. See Setser v. United States, 566 U. S. ___, ___. The structures of the FDCA and the Lanham Act rein­force this conclusion. Where two statutes are complementary, it would show disregard for the congressional design to hold that Con­gress intended one federal statute nonetheless to preclude the opera­tion of the other. See J. E. M. Ag Supply, Inc. v. Pioneer Hi-Bred Int’l, Inc., 534 U. S. 124, 144. The Lanham Act and the FDCA com­plement each other in major respects, for each has its own scope and purpose. Both touch on food and beverage labeling, but the Lanham Act protects commercial interests against unfair competition, while the FDCA protects public health and safety. They also complement each other with respect to remedies. The FDCA’s enforcement is largely committed to the FDA, while the Lanham Act empowers pri­vate parties to sue competitors to protect their interests on a case-by­-case basis. Allowing Lanham Act suits takes advantage of synergies among multiple methods of regulation. A holding that the FDCA precludes Lanham Act claims challenging food and beverage labels also could lead to a result that Congress likely did not intend. Because the FDA does not necessarily pursue enforcement measures re­garding all objectionable labels, preclusion of Lanham Act claims could leave commercial interests—and indirectly the public at large—with less effective protection in the food and beverage labeling realm than in other less regulated industries.
The FDCA’s express pre-emption provision applies by its terms to state, not federal, law (U.S.S.Ct., 12.06.2014, POM Wonderful LLC v. Coca Cola Co., Docket 12-761, J. Kennedy).


Propriété intellectuelle : n’est pas dans tous les cas prohibée l’application concurrente du Lanham Act avec une autre loi fédérale. En l’espèce, l’application concurrente du Lanham Act avec une disposition de droit public fédéral régulant les étiquettes commerciales dans l’industrie alimentaire est admise. En effet, aucune de ces deux lois n’interdit ou ne limite expressément un droit d’action basé sur le Lanham Act, droit d’action contestant l’étiquetage d’un produit alimentaire, étiquetage en outre réglementé par la loi fédérale sur les produits alimentaires, les médicaments et les produits cosmétiques (FDCA). L’absence d’une telle interdiction ou limitation expresse alors que les deux lois fédérales coexistent depuis plus de 70 ans constitue une preuve de poids que le Congrès n’envisageait nullement que la supervision de la Food and Drug Administration devait constituer le moyen exclusif d’assurer un étiquetage approprié des denrées alimentaires.
Par ailleurs, en prenant soin de ne prévoir la primauté du droit fédéral que sur certaines lois des états, le Congrès a indiqué qu’il n’entendait pas porter atteinte aux exigences résultant d’autres sources.
En outre, la structure des deux lois renforce l’analyse qui précède. Lorsque deux lois sont complémentaires, soutenir que le Congrès prévoyait que l’une d’elle l’emporterait sur l’autre reviendrait à ignorer l’intention du Congrès, ce qui n’est pas admissible. Le Lanham Act et le FDCA se complètent l’un l’autre sur des points importants. Chacun d’eux a sa propre portée et son propre but. Les deux lois réglementent l’étiquetage des denrées alimentaires, mais le Lanham Act protège des intérêts commerciaux contre des actes de concurrence déloyale, tandis que le FDCA protège la santé et la sécurité publiques. Les deux lois sont également complémentaires s’agissant des moyens d’action qu’elles mettent à disposition : la mise en application des exigences du FDCA est largement de la compétence de la Food and Drug Administration, tandis que le Lanham Act confère aux parties privées le droit d’actionner leurs concurrents pour protéger leurs intérêts, au cas par cas. Il est ainsi erroné de prétendre que le FDCA empêche une partie privée d’agir sur la base du Lanham Act contre un étiquetage erroné de denrées alimentaires. Du fait que la Food and Drug Administration n’agit pas nécessairement dans toutes les affaires d’étiquetages contestables, interdire à une partie privée d’agir sur la base du Lanham Act reviendrait à laisser les intérêts commerciaux, et indirectement l’intérêt du public en général, avec une protection moindre dans les cas d’étiquetage de produits alimentaires que dans des cas d’activités moins réglementées.
Enfin, le FDCA prévoit expressément qu’il prime sur le droit des états, et non sur d’autres règles fédérales. 

Monday, June 2, 2014

P. v. Elmore, S188238



Murder, self-defense: a killing committed because of an unreasonable belief in the need for self-defense is voluntary manslaughter, not murder.  “Unreasonable self-defense, also called imperfect self-defense, ‘obviates malice because that most culpable of mental states “cannot coexist” with an actual belief that the lethal act was necessary to avoid one’s own death or serious injury at the victim’s hand.’  (People v. Rios (2000) 23 Cal.4th 450, 461.)”  (People v. Beltran (2013) 56 Cal.4th 935, 951.)
The question here is whether the doctrine of unreasonable self-defense is available when belief in the need to defend oneself is entirely delusional.  We conclude it is not.  No state, it appears, recognizes “delusional self-defense” as a theory of manslaughter.  We have noted that unreasonable self-defense involves a mistake of fact.  (In re Christian S. (1994) 7 Cal.4th 768, 779, fn. 3 (Christian S.).)  A purely delusional belief in the need to act in self-defense may be raised as a defense, but that defense is insanity.  Under our statutory scheme, a claim of insanity is reserved for a separate phase of trial.  At a trial on the question of guilt, the defendant may not claim unreasonable self-defense based on insane delusion (Cal. S. Ct., 02.06.2014, S188238, P. v. Elmore).

Meurtre et self-défense (légitime défense) : un homicide commis après avoir déraisonnablement imaginé que la self-défense était nécessaire s’analyse non pas en un meurtre mais en un “voluntary manslaughter », du fait de l’absence de « malice ».
Celui qui imagine de manière complètement déconnectée de la réalité être en situation de self-défense ne peut pas invoquer en sa faveur la théorie précitée de la self-défense déraisonnable pour requalifier un meurtre en « manslaughter ». La self-défense déraisonnable implique en effet une erreur sur les faits. Mais le prévenu peut invoquer sa croyance déconnectée de toute réalité en un besoin de self-défense par le biais de la théorie de l’incapacité de discernement. Dans le cadre de la procédure pénale, le moyen tiré de l’incapacité de discernement ne peut pas être invoqué dans la première phase du procès, réservée à trancher la question de la culpabilité. Ce moyen sera invoqué dans une phase ultérieure et séparée de la procédure.

Nautilus, Inc. v. Biosig Instruments, Inc., Docket 13-369



Patent: definiteness requirement:  the Patent Act requires that a patent specification “conclude with one or more claims particularly pointing out and distinctly claiming the subject matter which the applicant regards as the invention.” 35 U. S. C. §112, ¶2. This case concerns the proper reading of the statute’s clarity and precision demand; Section 112’s definiteness requirement must take into account the inherent limitations of language. See Festo Corp. v. Shoketsu Kinzo­ku Kogyo Kabushiki Co., 535 U. S. 722, 731. On the one hand, some modicum of uncertainty is the “price of ensuring the appropriate incentives for innovation, id., at 732; and patents are “not addressed to lawyers, or even to the public generally,” but to those skilled in the relevant art, Carnegie Steel Co. v. Cambria Iron Co., 185 U. S. 403, 437. At the same time, a patent must be precise enough to afford clear notice of what is claimed, thereby “ ‘apprising the public of what is still open to them,’ ” Markman v. Westview Instruments, Inc., 517 U. S. 370, 373, in a manner that avoids “a zone of uncertainty which enterprise and experimentation may enter only at the risk of infringement claims,” United Carbon Co. v. Binney & Smith Co., 317 U. S. 228, 236. The standard adopted here mandates clarity, while recognizing that absolute precision is unattainable. It also accords with opinions of this Court stating that “the certainty which the law requires in patents is not greater than is reasonable, having regard to their subject-matter.” Minerals Separation, Ltd. v. Hyde, 242 U. S. 261, 270; the Federal Circuit’s standard, which tolerates some ambiguous claims but not others, does not satisfy the statute’s definiteness requirement. The Court of Appeals inquired whether the ’753 patent’s claims were “amenable to construction” or “insolubly ambiguous,” but such formulations lack the precision §112, ¶2 demands; the expressions “insolubly ambiguous” and “amenable to construction,” which permeate the Federal Circuit’s recent decisions concerning §112, ¶2, fall short in this regard and can leave courts and the patent bar at sea without a reliable compass (U.S.S.Ct., 02.06.2014, Nautilus, Inc. v. Biosig Instruments, Inc., Docket 13-369, J. Ginsburg, unanimous).

Brevet : condition de spécificité : la loi fédérale sur les brevets requiert que la revendication (le brevet objet du présent litige porte le no 753) décrive avec spécificité ce que le déposant regarde comme son invention. La spécificité doit permettre aux spécialistes du domaine de l’objet breveté (et non au public en général, ni à l’avocat spécialisé en droit des brevets) de se rendre compte de ce qui est nouveau, tout en tenant compte qu’une certaine incertitude est inhérente au domaine du langage. Cette incertitude est le prix à payer pour garantir l’incitation à l’innovation. Mais pour autant, un brevet doit tout de même permettre au public de comprendre ce qui est protégé, de manière à éviter une zone d’incertitude qui aurait pour conséquence qu’un entrepreneur ne pourrait développer ses propres affaires qu’au risque inévitable d’être actionné en violation d’un brevet. En l’espèce, la cour inférieure avait considéré que juger de la validité ou non d’un brevet revenait à déterminer si les revendications étaient susceptibles d’interprétation, ou si elles étaient ambigües de manière insoluble. La Cour juge ces critères trop vagues, non conformes à la condition de spécificité, et invite dite cour inférieure à les préciser.

Thursday, May 29, 2014

Duran v. U.S. Bank National Assn.



Class action (California): in her concurring opinion in Brinker, Justice Werdegar drew an instructive distinction between the types of affirmative defenses that can undermine manageability:  “for purposes of class action manageability, a defense that hinges liability vel non on consideration of numerous intricately detailed factual questions, as is sometimes the case in misclassification suits, is different from a defense that raises only one or a few questions and that operates not to extinguish the defendant’s liability but only to diminish the amount of a given plaintiff’s recovery.”  (Brinker, supra, 53 Cal.4th at p. 1054 (conc. opn. of Werdegar, J.))  Defenses that raise individual questions about the calculation of damages generally do not defeat certification.  (Sav-On, supra, 34 Cal.4th at p. 334.)  However, a defense in which liability itself is predicated on factual questions specific to individual claimants poses a much greater challenge to manageability.  This distinction is important.  As we observed in City of San Jose v. Superior Court, supra, 12 Cal.3d at page 463:  “only in an extraordinary situation would a class action be justified where, subsequent to the class judgment, the members would be required to individually prove not only damages but also liability.”; moreover, if sufficient common questions exist to support class certification, it may be possible to manage individual issues through the use of surveys and statistical sampling.  Statistical methods cannot entirely substitute for common proof, however.  There must be some glue that binds class members together apart from statistical evidence. While sampling may furnish indications of an employer’s centralized practices (see Sav-On, supra, 34 Cal.4th at p. 333), no court has “deemed a mere proposal for statistical sampling to be an adequate evidentiary substitute for demonstrating the requisite commonality, or suggested that statistical sampling may be used to manufacture predominate common issues where the factual record indicates none exist.”  (Dailey v. Sears, Roebuck & Co., supra, 214 Cal.App.4th at p. 998.)  In addition, as we will discuss, a statistical plan for managing individual issues must be conducted with sufficient rigor; in general, when a trial plan incorporates representative testimony and random sampling, a preliminary assessment should be done to determine the level of variability in the class.  (See post, at p. 40.)  If the variability is too great, individual issues are more likely to swamp common ones and render the class action unmanageable.  No such assessment was done here.  With no sensitivity to variability in the class, the court forced the case through trial with a flawed statistical plan that did not manage but instead ignored individual issues.  in Granberry v. Islay Investments (1995) 9 Cal.4th 738, 742-743, we held that a landlord sued for excess rent by a class of former tenants was entitled to set off amounts the tenants owed for unpaid rent, repairs, and cleaning.  (Id. at p. 743.)  The tenants objected that “to allow setoff would be inappropriate in class actions . . . because of numerous practical difficulties,” such as the need for setoff amounts to be litigated individually in thousands of cases.  (Id. at p. 749.)  In rejecting the plaintiffs’ argument that these difficulties should bar the landlord from raising the set-off defense, we stressed that “it is inappropriate to deprive defendants of their substantive rights merely because those rights are inconvenient in light of the litigation posture plaintiffs have chosen.”  (Ibid.) We voiced similar concerns in Washington Mutual, supra, 24 Cal.4th 906.  There, the trial court had certified a nationwide class action challenging a bank’s practice of forcing homebuyers to purchase expensive replacement policies when the hazard insurance on their properties lapsed.  (Id. at p. 912.)  The bank argued common questions did not predominate because choice-of-law provisions in the loan documents would require the application of different state laws to different plaintiffs’ claims.  (Id. at p. 913.)  We held that, when deciding whether to certify a nationwide class, trial courts must consider the potential for individual issues arising from choice-of-law clauses.  (Id. at p. 926.) ; (…) an otherwise enforceable choice-of-law agreement may not be disregarded merely because it may hinder the prosecution of a multistate or nationwide class action; similarly here, the trial court could not abridge USB’s presentation of an exemption defense simply because that defense was cumbersome to litigate in a class action.  Under Code of Civil Procedure section 382, just as under the federal rules, “a class cannot be certified on the premise that the defendant will not be entitled to litigate its statutory defenses to individual claims.”  (Wal-Mart Stores, Inc. v. Dukes (2011) 564 U.S. __, __ [131 S.Ct. 2541, 2561].)  These principles derive from both class action rules and principles of due process. (See Lindsey v. Normet (1972) 405 U.S. 56, 66; Philip Morris USA v. Williams, (2007) 549 U.S. 346, 353.); one published California case describes the successful use of statistical sampling in the trial of a wage and hour class action.  In Bell, supra, 115 Cal.App.4th 715 insurance claims representatives sued their employer for unpaid overtime, recovering a class judgment of over $90 million.  The court below relied heavily on Bell in developing the trial plan here.  But, in doing so, it failed to note one critical distinction.  The statistical evidence in Bell was heard only after classwide liability had been established.  At the summary adjudication stage, the court ruled that the administrative exemption did not apply to any plaintiff; therefore, all had been misclassified as exempt.  (Id. at pp. 720-721.)  The employer unsuccessfully challenged that ruling on appeal.  (Bell v. Farmer’s Ins. Exchange (2001) 87 Cal.App.4th 805, review den. Jun. 20, 2001, cert. den., 534 U.S. 1041 (Nov. 26, 2001).)  On remand, sampling was used to prove damages only.  (See Bell, supra, 115 Cal.App.4th at pp. 721-722.)  Because all class members were nonexempt, the only unresolved question was how many overtime hours they worked.  After several months and an unusual degree of cooperation, the parties’ experts developed a statistical sampling plan to answer the question.  (Id. at pp. 722-723.);
while class certification can be a useful tool for deciding common questions, we have repeatedly explained that remaining individual issues must be fairly managed.  In some cases, statistical methods may offer a reasonable and appropriate way to do so.  (See, e.g., Bell, supra, 115 Cal.App.4th 715.)  However, reliance on statistical proof cannot be used to bar the presentation of valid defenses to either liability or damages, even if the alternative would require adjudication of a defense on an individual level.  When liability is to be established on a classwide basis, the defendant must have an opportunity to present proof of affirmative defenses within whatever method the court and parties fashion to try these issues.  If the trial proceeds with a statistical model of proof, a defendant accused of misclassification must be given a chance to impeach that model or otherwise show that its liability is reduced because some plaintiffs were properly classified as exempt. We review class action trial management decisions for abuse of discretion.  (Fireside Bank v. Superior Court (2007) 40 Cal.4th 1069, 1087.); the errors require reversal if it is reasonably probable that they affected the verdict.  (College Hospital Inc. v. Superior Court (1994) 8 Cal.4th 704, 715; see People v. Watson (1956) 46 Cal.2d 818, 836.)  “We have made clear that a ‘probability’ in this context does not mean more likely than not, but merely a reasonable chance, more than an abstract possibility. ”  (College Hospital, at p. 715.)
Concurring opinion by LIU, J.: It is not difficult to understand why the trial court’s sampling plan in this case was “profoundly flawed.”  (Maj. opn., ante, at p. 2.)  The representative witness group was not selected at random but in a manner biased in plaintiffs’ favor.  The trial court used no known statistical rationale in picking a sample size of 20, and there is no reason to think the sample was sufficiently large.  The trial court also tolerated a margin of error at the damages phase that was undoubtedly too large.  These errors require reversal of both the liability phase and restitution phase judgments. (…) partial decertification (…) (Sav-on, supra, 34 Cal.4th at pp. 339–340; see id. at p. 339, fns. 11–12 [providing numerous examples of methods to manage individual issues, including bifurcation, subclasses, questionnaires, and individualized hearings].) (Cal. S. Ct., 29.05.2014, Duran v. U.S. Bank National Assn., S200923).

Un exemple d’une action collective en Californie, en application du droit californien : la cour n’acceptera de transformer la procédure ordinaire en action de classe (certification) que si, entre autres conditions, la procédure de classe peut être gérable. Une procédure de classe est gérable si elle permet à la cour de considérer les moyens de défense que le défendeur peut faire valoir. Des moyens de défense admissibles fondés sur des considérations qui diffèrent selon les demandeurs et qui portent sur la question de la responsabilité du défendeur risquent de rendre la procédure de classe ingérable, de sorte que la certification ne sera pas accordée, ou alors la cour retirera la certification en cours de procédure, terminant ainsi la procédure de classe. Mais si les moyens de défense admissibles du défendeur portent sur les montants des dédommagements qui seraient selon ledit défendeur différents selon les demandeurs, la procédure de classe ne devient pas ingérable : le principe de la responsabilité aura été déterminé pendant la première phase de la procédure de classe. La seconde phase ne portera que sur l’allocation du dédommagement entre les différents demandeurs.
En outre, la cour ajoute que si des questions commune suffisantes existent pour obtenir la certification de classe, il peut être possible de gérer les situations individuelles par l’usage de rapports et de statistiques. Des méthodes statistiques ne peuvent toutefois pas systématiquement se substituer à la preuve ordinaire. Il doit exister certains liens entre les membres de la classe qui justifient et crédibilisent le recours aux statistiques. Le recours à un échantillonnage de membres de la classe peut aussi être considéré, mais sous diverses conditions. Par exemple, cette méthode peut fournir des indications relatives aux pratiques centralisées d’un employeur, mais aucun Tribunal n’a jamais estimé qu’un échantillonnage statistique pourrait être considéré comme un substitut de preuve apte à démontrer le lien commun nécessaire à la constitution d’une classe. Cette méthode statistique ne peut pas non plus être utilement utilisée pour tenter de démontrer l’existence de la prédominance de questions communes alors que le dossier montre l’inexistence de questions communes. En outre, l’usage d’un plan statistique pour manager des questions individuelles doit se faire avec beaucoup de rigueur. De manière générale, lorsque la planification de la procédure incorpore des témoignages censés représenter l’ensemble des diverses situations individuelles, et lorsqu’elle incorpore des situations prises au hasard, une évaluation préliminaire doit être effectuée pour déterminer le degré de variabilité dans la classe. Si la variabilité est trop importante, les questions individuelles risquent de l’emporter sur les questions communes et de rendre ainsi l’action de classe ingérable. Dans la présente espèce, il n’a été procédé à aucune évaluation préliminaire.
Dans une autre affaire, la cour avait décidé qu’un bailleur actionné pour des loyers excessifs par une classe d’anciens locataires pouvait déduire de la somme qu’il devait les montants qui lui étaient dus au titre de loyers impayés, réparations et nettoyages. Les locataires avaient soutenu qu’il était inapproprié de permettre ces déductions dans le cadre d’une action de classe du fait de nombreuses difficultés pratiques telles que la nécessité de prévoir des milliers de contentieux individuels pour déterminer ce qui restait dû par chacun des locataires. La cour a rejeté l’argument des locataires, indiquant qu’il est inapproprié de priver un défendeur de ses droits substantiels en raison du type d’action choisie par les demandeurs.
Lorsqu’elles ont à se prononcer sur la certification d’actions de classe de portée nationale, les cours de première instance doivent considérer la probabilité de l’apparition de questions individuelles découlant de l’application des règles de conflit de lois régissant les rapports entre les états de l’Union. Ces questions individuelles peuvent prédominer et ainsi annihiler la condition nécessaire des questions communes. A cet égard, un accord portant sur le droit applicable ne saurait être ignoré du seul fait qu’il pourrait empêcher la poursuite d’une action de classe nationale ou entre plusieurs états. De la même façon, dans la présente affaire, la cour de première instance ne pouvait pas rejeter les moyens de défense du défendeur au seul motif qu’ils étaient difficiles à instruire dans le cadre d’une action de classe. Ces principes découlent aussi bien des règles régissant les actions de classe que du principe constitutionnel de droit à un procès équitable. En cas de recours à des données statistiques, il importe de considérer que la cour aura plus de propension à les admettre si elles sont proposées dans une seconde phase de l’action de classe, après l’établissement de la responsabilité pour l’ensemble de la classe. L’échantillonnage statistique ne peut être utilisé utilement qu’en seconde phase, lors de la preuve du montant du dommage. Il est expressément rappelé que la référence à des données statistiques ne saurait être utilisée pour empêcher la présentation de moyens de défense valides quant à la responsabilité ou quant au montant du dommage, même si l’autorité doit se prononcer sur un moyen de défense individuel. La Cour Suprême de Californie revoit le management des actions de classe sous l’angle de l’abus de discrétion.
Les erreurs commises par la cour de première instance impliquent annulation par l’autorité supérieure s’il est raisonnablement probable que ces erreurs ont affecté le jugement. La Cour Suprême de Californie a clairement indiqué que la notion de probabilité dans ce contexte ne signifie pas « plus vraisemblable », mais signifie qu’il existe une chance raisonnable, soit davantage qu’une possibilité abstraite, que les erreurs ait affecté le jugement.
L’opinion concurrente rendue par le Juge LIU résume bien la présente affaire : l’échantillonnage auquel la cour de première instance a procédé était profondément défectueux : le groupe des témoins censé représenter la classe n’a pas été sélectionné au hasard mais d’une manière partiale, en faveur des demandeurs. En outre, la méthode statistique retenue ne correspondait pas aux méthodes statistiques reconnues en ce que la cour de première instance n’a retenu qu’un groupe de 20 demandeurs, et il n’existe aucune raison de penser que cet effectif était suffisamment large. La cour de première instance a également toléré une marge d’erreur trop large lors de la phase de l’évaluation du dommage. Ces erreurs requièrent l’annulation aussi bien de la phase de la responsabilité que de la phase de l’indemnisation du jugement. D’autres possibilités à disposition des cours d’appels sont la décertification partielle, la bifurcation, la création de sous-classes, l’usage de questionnaires individualisés, et les audiences individuelles.